Claire Diterzi
© Serge de Rossi
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Rosa la Rouge

Une épopée musicale


un spectacle de Claire Diterzi, Marcial Di Fonzo Bo mise en scène Marcial Di Fonzo Bo chant et guitare Claire Diterzi
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[recréation]  

11 mai - 22 mai, 21:00
salle Renaud-Barrault

dimanche, 15:00
jeudi 20 mai, 21:00
vendredi 21 mai, 21:00
relâche les jeudis , vendredis , lundis


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J'ai été amoureuse de l'amour parce qu'il fait sortir de l'être humain ce qu'il y a de plus noble et de plus beau et qu'il permet de vivre dans l'ivresse, dans l'extase.
1919, résidence Eden à Berlin, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés, ce qui met fin à l'insurrection spartakiste. Que reste-t-il aujourd'hui de Rosa Luxemburg ? Une héroïne révolutionnaire, une femme intransigeante, radicale. Mais aussi une sensibilité lucide, profondément humaine, comme en témoignent notamment ses lettres de prison.
A priori, rien ne rapprochait Claire Diterzi de Rosa Luxemburg. Le spartakisme, l'internationale socialiste, la révolution, ça n'était pas vraiment son truc. Elle préférait les chansons d'amour où elle excelle. Jusqu'au jour où Marcial Di Fonzo Bo, séduit par sa présence sur scène, sa force de caractère, sa féminité à fleur de peau, lui propose de créer un spectacle sur cette grande figure révolutionnaire. En se plongeant dans la biographie de Rosa Luxemburg, Claire Diterzi découvre une personnalité authentique, complexe et extrême, une source d'inspiration. La rage, la passion révolutionnaire, la sensibilité poétique, elle les transpose dans un musical vibrant aux formes épiques teintées de glamour n'hésitant pas à jouer avec les codes.

un spectacle coproduit et en résidence dans 4 lieux de création : Théâtre du Rond- Point/Paris, La Coursive/Scène Nationale de La Rochelle, La Ferme du Buisson/Scène Nationale de Marne la Vallée et Châteauvallon/Centre National de Création et de Diffusion Culturelles.
coproduction Le Maillon/Théâtre de Strasbourg, scène européenne, Théâtre des Lucioles/Rennes
production déléguée Bleu Citron
avec le soutien à la coproduction d’Arcadi (Action Régionale pour la Création Artistique et la Diffusion en Île-de-France) et le soutien du CNV, de la SACEM et du SPEDIDAM, la culture avec la Copie Privée.

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La revue collaborative du Rond-Point
Il y a 48 min
 

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
 
La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
   
Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
 
Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
 
Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
  
Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».


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