© Stéphane Trapier
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Le Grenier


comédie dramatique de Yôji Sakaté mise en scène Jacques Osinski avec Vincent Berger, Elisabeth Catroux, Frédéric cherboeuf, Agathe Le Bourdonnec, Alice Le Strat, Pierre Moure, Rémy Roubakha, Stanislas Sauphanor musique composée et interprétée par Dayan Korolic
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durée 1h45

9 mars - 3 avr., 21:00
salle Jean Tardieu

dimanche, 15:30
relâche les lundis et le 14 mars


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Ces greniers sont parfaitement hermétiques, pas une goutte de sang n’a coulé à l’extérieur.
Un grenier qu’on s’arrache. Mais pas n’importe lequel. Un grenier en kit. Un espace étroit, mansardé, si bas de plafond qu’il est difficile d’y tenir debout. Une seule personne peut y habiter. Ce grenier ressemble un peu à une cabane pour enfants. Dans cette pièce du dramaturge japonais Yoji Sakaté, il est surtout un objet très prisé des hikikomori, ces jeunes gens qui s’enferment chez eux préférant surfer à longueur de journée sur le net plutôt que d’affronter le monde extérieur. Hautement symbolique du repli sur soi dans une société de masse, cet espace confiné est en quelque sorte le « personnage » central de cette pièce où se mêlent de façon subtile réalité et onirisme. Son premier propriétaire, un jeune étudiant, y a mis fin à ses jours. Convaincu que ce grenier est la cause du suicide, son frère aîné enquête afin de trouver la personne qui le lui a vendu. En mettant en scène cette fable très fine sur notre époque, Jacques Osinski nous fait découvrir un important dramaturge contemporain.

production CDN des Alpes/Grenoble, coréalisation Théâtre du Rond-Point
avec le soutien du Jeune Théâtre National

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Il y a 6h
 

- Alors, la Lise, ça fait un bail ! Depuis quand on n't'a pas vue ?
- La crise, mon p'tit Michel, la crise.
- À qui le dis-tu... M'enfin quand même, dans ta branche, ça se fait pas trop sentir, à ce qu'on dit ?
- C'qu'on dit, c'est une chose, c'qu'on vit, c'en est une autre. La culture, ça nourrit pas et les musées, ça coûte.
- Quand même les Jap', les richards du Golfe ? Et les Russes, on voit qu'eux !
- Oui oui ils se bousculent au bastingage, mais pour causer, c'est une autre paire de manches. Je m'ennuie, Michel, je m'ennuie !
- C'est pour ça que tu reviens, tiens : pour causer avec le Michel en bon français dans le texte !
- Eh eh, on ne peut rien te cacher.
- Tu vois, moi aussi j'm'ennuyais. Commençait à me manquer, ton accent !
- Dis-donc, je l'ai perdu, mon accent, tu pousses là !
- Teu teu, que tu crois, mais moi, j'ai l'oreille musicale et quand tu causes, ça chante, j'te dis.
- Sacré Michel, l'oreille musicale... on aura tout vu, toi qu'a fait le conservatoire avec Adamo dans un joukeboxe.
- C'est pas tout, mais qu'est-ce que je te sers, ma grande. Une p'tite mousse ?
- Allez... (bruit du flot sorti du bec, verre raclé à la spatule. Col blanc pour dame en noir)
- Attention, ma grande, tu t'es fait une moustache.
- Ah... la première gorgée de mousse... ben tu vois, mon Gérard, 500 ans de gloire, ça vaut pas un plaisir minuscule.
- Ah qui le dis-tu ! J'échangerais pas mon zinc contre tout l'or du Louvre.


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