Pippo Delbono

Portrait

Pippo Delbono, acteur, metteur en scène, est né à Varazze en 1959. Après avoir commencé sa formation dans le théâtre de tradition, il se consacre pendant plusieurs années à l’étude de la relation entre théâtre et danse, en particulier dans les principes du théâtre de l’Orient où le travail de l’acteur et du danseur s’unissent.

Significatives, pendant ce parcours, sont les rencontres de travail avec Ryszard Cielslak, Iben Nagel Rasmussen et Pina Bausch. A la fin des années 1980 il fonde sa compagnie avec laquelle il crée tous ses spectacles depuis Il tempo degli assassini (1986) à Urlo (2004). Guerra a obtenu le Prix de la Critique 1998, Gente di Plastica, le Prix Olimpici 2003 et Urlo le Prix Olimpici 2005. En 2009, Pippo Delbono reçoit le « Prix européen des nouvelles réalités théâtrales » pour l’ensemble de ses créations. En 1996, sa rencontre avec Bobò, sourd muet, microcéphale, interné dans l’hôpital psychiatrique d’Aversa (dans le sud de l’Italie) depuis 45 ans, marque un tournant dans son travail. Avec Bobò, commence une collaboration artistique qui le conduira à ouvrir sa compagnie à des personnes en provenance d’un monde éloigné du théâtre et de la danse. Naissent ainsi les premiers moments d’un langage théâtral qui conditionnera fortement une technique rigoureuse, menant l’expérience vers la recherche d’une danse moins virtuose mais profondément liée à la vie.

Actuellement la compagnie est constituée d’acteurs, de danseurs, d’autres personnes qui accompagnent depuis de nombreuses années ce travail, comme Bobò, Gianlucà et Nelson, qui par leur spécificité physique, ont fortement marqué le langage poétique de Pippo Delbono. Ses spectacles ont été présentés dans les principales capitales européennes, en Amérique du Nord, Amérique Centrale et du Sud, et ont suivi, en parallèle, le parcours de pays comme l’Irak, la Bosnie, l’Albanie, la Palestine et se sont adaptés aux situations extrêmes de la guerre et des conflits.

En 2003, il réalise son premier long métrage Guerra, sélectionné à la 60ème Mostra de Venise, pour lequel il reçoit le prix Ovidio d’Argent du meilleur film au Sulmona Cinema Festival et le David di Donatello, meilleur long métrage documentaire. En 2006, il réalise le film Grido, selectionné au 1er Festival de Cinéma de Rome, sorti en France en juin 2009. Le Festival de Locarno de 2009 lui rendra un hommage particulier en projetant tous les films de Pippo Delbono dont La Paura réalisé avec un téléphone portable.

En 1999 il publie Barboni, Il teatro di Pippo Delbono (éditions UbuLibri, 2004), Pippo Delbono, Mon théâtre (chez Actes Sud), et Le Corps de l’acteur (chez Les Solitaires Intempestifs). En 2005, Les Carnets du Rond Point publient un entretien avec Pippo Delbono. En 2008, les éditions Actes Sud publient Récits de juin et en 2009 Les Solitaires Intempestifs publient un livre de Bru

Mis à jour le 02/02/2012

 

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- Alors, la Lise, ça fait un bail ! Depuis quand on n't'a pas vue ?
- La crise, mon p'tit Michel, la crise.
- À qui le dis-tu... M'enfin quand même, dans ta branche, ça se fait pas trop sentir, à ce qu'on dit ?
- C'qu'on dit, c'est une chose, c'qu'on vit, c'en est une autre. La culture, ça nourrit pas et les musées, ça coûte.
- Quand même les Jap', les richards du Golfe ? Et les Russes, on voit qu'eux !
- Oui oui ils se bousculent au bastingage, mais pour causer, c'est une autre paire de manches. Je m'ennuie, Michel, je m'ennuie !
- C'est pour ça que tu reviens, tiens : pour causer avec le Michel en bon français dans le texte !
- Eh eh, on ne peut rien te cacher.
- Tu vois, moi aussi j'm'ennuyais. Commençait à me manquer, ton accent !
- Dis-donc, je l'ai perdu, mon accent, tu pousses là !
- Teu teu, que tu crois, mais moi, j'ai l'oreille musicale et quand tu causes, ça chante, j'te dis.
- Sacré Michel, l'oreille musicale... on aura tout vu, toi qu'a fait le conservatoire avec Adamo dans un joukeboxe.
- C'est pas tout, mais qu'est-ce que je te sers, ma grande. Une p'tite mousse ?
- Allez... (bruit du flot sorti du bec, verre raclé à la spatule. Col blanc pour dame en noir)
- Attention, ma grande, tu t'es fait une moustache.
- Ah... la première gorgée de mousse... ben tu vois, mon Gérard, 500 ans de gloire, ça vaut pas un plaisir minuscule.
- Ah qui le dis-tu ! J'échangerais pas mon zinc contre tout l'or du Louvre.


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