Les auteurs de la saison joués ou lus au Rond-Point


Depuis 2001, le Théâtre du Rond-Point a vocation à faire entendre la vigueur et la diversité des écritures d'aujourd'hui. Découvrez tous les auteurs joués ou lus au Rond-Point.

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Christophe Alévêque

Alfredo Arias

Séverine Auffret

Guy Bedos

Frédéric Beigbeder

Nicolas Béniès

Olivier Cadiot

Maria Cassi

Victoria Chaplin

Jean-Yves Clément

Marie Darrieussecq

Camille de Toledo

Rémi De Vos

Pippo Delbono

Philippe Delerm

Gonzalo Demarìa

Alexandra Destais

Marcial Di Fonzo Bo

Claire Diterzi

James Ellroy

Dario Fo

Jean-Louis Foulquier

Arno Gaillard

Rodrigo García

Alain Gautré

Gilles Geneviève

Philippe Genty

Jean-Marie Gourio

Jean-Claude Grumberg

Mike Kenny

Bénédicte Lanot

Jean-Pierre Le Goff

Hanokh Levin

Jean-Daniel Magnin

Olivier Martin-Salvan

Meriem Menant

Philippe Minyana

Gérard Mordillat

François Morel

Kaj Munk

Pierre Notte

Valère Novarina

Véronique Olmi

Michel Onfray

Paule Orsoni

Fred Pellerin

Jean-Louis Poitevin

Université Populaire de Caen

Gérard Poulouin

Franca Rame

Anne Reulet-Simon

Jean-Michel Ribes

Aurélien Richard

Marc Rivière

David Rochline

Kathrin Röggla

Yôji Sakaté

Christian Siméon

Pierrick Sorin

Bruno Soulier

Antoine Spire

Jean-Baptiste Thierrée

Sébastien Thiéry

Eva Vallejo

Nicolas Vial

Biographies
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La revue collaborative du Rond-Point
Il y a 22h
 

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
 
La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
   
Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
 
Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
 
Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
  
Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».


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